Le Colloque franco-chinois sur les échanges notariaux
tenu à Shanghai|Signature
d’un Mémorandum d’intention de coopération entre le Conseil Supérieur du
Notariat et l’Association du Notariat de Shanghai
Le 30 mars 2026,
à l’occasion du 25e anniversaire du Centre sino-français de formation
et d'échanges notariaux et juridiques à Shanghai (ci-après dénommé le « Centre
»), le Colloque franco-chinois « Le
notaire, acteur de la sécurité juridique » s'est tenu à Shanghai. Ces
échanges ont été organisés par l'Association du Notariat de Chine (ANC) et le
Conseil Supérieur du Notariat (CSN), et mis en œuvre par l'Association du Notariat
de Shanghai (ANS) et le Centre. Les parties française et chinoise ont
respectivement présenté leurs systèmes notariaux et leurs derniers
développements, ont fait des discours liminaires sur les fonctions du notariat
dans les domaines de la finance, des mécanismes alternatifs de règlement des
différends, de la garantie juridique de la propriété intellectuelle, etc., et
ont mené des échanges approfondis autour de deux thèmes : « Valeur du notariat
: système juridique préventif et construction de l'État de droit » et « Le
notariat renforcé par la technologie : avenir numérique et sécurité juridique
».
Le Conseil Supérieur du
Notariat et l’Association du Notariat de Shanghai ont conjointement signé un
mémorandum d'intention de coopération
En marge du
colloque, le CSN et l'ANS et ont signé conjointement un « Mémorandum d'intention de coopération ». Ont assisté à la cérémonie
de signature et en ont été témoins : Valérie DELNAUD, directrice des affaires
civiles et du Sceau au ministère français de la Justice, Jean-Paul DECORPS,
président honoraire de l’Union internationale du notariat, du CSN et du Centre,
GU Quan, directeur général du Bureau de la Justice de Shanghai, ainsi que XIONG
Fei, secrétaire général de l’ANC.

Actuellement, la
Chine se trouve dans une période charnière où elle accélère la construction de
son système d'État de droit dans les affaires étrangères. Ce domaine exige non
seulement une conception macro-juridique et des dispositifs conventionnels internationaux,
mais aussi des innovations micro-institutionnelles et des percées concrètes sur
le plan pratique. Le présent mémorandum d’intention de coopération (ci-après
dénommé le « Mémorandum ») propose une série de mesures de coopération
concrètes visant à élargir le champ de la coopération, à renforcer
l’accessibilité des services, à fluidifier la circulation des actes et à
résoudre les difficultés de vérification. La signature de ce Mémorandum marque
le passage de la coopération notariale franco-chinoise « d’un dialogue
théorique à une collaboration pratique ». Grâce à des mécanismes concrets tels
que la mise en relation directe des offices de première ligne, la coopération
transfrontalière en matière de relecture des actes notariés transfrontaliers et
l’exploration de reconnaissance mutuelle des actes d’état civil, l’État de
droit dans les affaires étrangères se traduira concrètement par une expérience
simplifiée et accessible aux citoyens comme aux entreprises.
Élargissement
du champ de la coopération : des échanges entre associations à la mise en place
d’un réseau d’offices partenaires rapprochés
Depuis de
nombreuses années, les notariats français et chinois mènent une coopération
étroite dans les domaines des activités notariales et de la formation des
talents. Avec la croissance des transactions transfrontalières, les besoins de
collaboration entre les offices notariaux des deux pays ne cessent d’augmenter.
La signature du mémorandum élargit le champ de la coopération notariale
franco-chinoise.
Le mémorandum
prévoit la désignation d’un premier réseau d’offices notariaux partenaires
rapprochés. La partie chinoise a désigné dix offices, dont l’Étude notariale
d’Orient, tandis que la partie française confie au CSN le soin de désigner les
offices concernés en fonction des besoins réels. Les deux parties désigneront
respectivement des agents de liaison chargés du transfert des dossiers
notariaux, de l’assistance relative au droit applicable, ainsi que de
l’orientation procédurale. Les offices notariaux franco-chinois collaboreront
ainsi plus étroitement sur des questions telles que le droit applicable et la vérification
des faits dans le cadre de dossiers spécifiques. Ce modèle de coopération offrira
un soutien professionnel et une couverture de services plus complets pour les
activités notariales transfrontalières des deux pays. Pour les personnes
intéressées, cela se traduira par des délais de traitement plus courts et des
coûts de communication réduits.
Renforcement de l’accessibilité des services : de « démarches multiples
» au « guichet unique »
Avec l’intensification croissante des échanges de personnes entre la
France et la Chine, les démarches telles que l’enregistrement du mariage, la
scolarité des enfants ou les successions sont souvent confrontées à des besoins
d’actes d’état civil transfrontaliers. Un acte de naissance ou un certificat de
mariage nécessite souvent de multiples étapes comprenant la traduction, l’authentification,
et la légalisation pouvant s’étendre sur plusieurs mois.
En novembre 2023, la Convention
supprimant l’exigence de la légalisation des actes publics étrangers est
entrée en vigueur pour la Chine, faisant de l’apostille le principal mode de
validation pour l’utilisation transfrontalière des actes notariés chinois. Le
mémorandum prévoit l’optimisation d’un « service d’assistance pour l’obtention
de l’apostille », reliant les étapes d’authentification et de légalisation pour
réduire les démarches inutiles pour les citoyens.
Le mémorandum prévoit également la mise en place d’un « service franco-chinois
d’orientation et d’assistance aux citoyens et aux entreprises pour
l’établissement d’actes notariés », destiné aux citoyens et entreprises ayant
des besoins notariaux transfrontaliers, notamment en matière de préparation des
documents, d’exigences de traduction et de filières de traitement. Pour les actes
notariés transfrontaliers relevant du droit de la famille ou du droit des
affaires, les deux parties mettront en place un mécanisme conjoint de conseil
et de soutien au traitement, afin d’aider les parties concernées à clarifier le
droit applicable et les démarches à entreprendre. Par ailleurs, le mémorandum
propose également d’étudier la faisabilité d’un mécanisme de reconnaissance
mutuelle des actes d’état civil multilingues, afin de résoudre les difficultés
liées à la preuve de l’état civil transfrontalier.
Fluidification de la circulation des actes : de « vérification difficile
» à « vérification accélérée »
Dans la pratique notariale comportant des éléments d’extranéité, la
vérification de l’authenticité et la validation de la force probante des actes
notariés transfrontaliers constituent un défi majeur. Cela affecte non
seulement l’efficacité du traitement des dossiers, mais aussi la crédibilité
fondamentale des actes notariés dans les échanges civils et commerciaux
transfrontaliers. Le mémorandum prévoit d’étudier la faisabilité d’un service
de relecture des actes notariés transfrontaliers, ainsi que la mise en place
éventuelle d’un mécanisme de vérification accélérée des actes notariés entre
les offices partenaires, permettant de fournir des services de vérification
d'authenticité et de validation de la force probante des actes notariés. À
l’avenir, lors de l’examen de dossiers de prêts par les banques ou lors de
l’instruction de contentieux par les tribunaux, ce mécanisme pourrait être
mobilisé pour confirmer rapidement l’authenticité et la force probante des
actes notariés, améliorant ainsi considérablement l’efficacité de leur
utilisation et de leur reconnaissance.
Résoudre
les difficultés de vérification : de « l’impossible » au « réalisable »
Au-delà de la
vérification de l’authenticité et de la validation de la force probante des
actes notariés transfrontaliers, la vérification des faits à l’étranger
constitue également une difficulté persistante. Prenons l’exemple d’une
succession impliquant la France : si le défunt a eu plusieurs mariages et
plusieurs héritiers en France, comment l’office notarial chinois peut-il
procéder aux vérifications nécessaires ? Dans le modèle traditionnel, cette
vérification repose principalement sur l’obtention par la personne intéressée
elle-même d’un acte de déclaration établi en France, ce qui alourdit ses
démarches et ne garantit pas la sincérité des déclarations.
Le mémorandum
prévoit d’étudier la faisabilité d’un service d’assistance pour tous les actes
notariés établis dans un des pays dont relève les deux notariats susvisés,
destinés à être exécutés dans l’autre pays. Les deux parties étudieront la
faisabilité permettant, par la coordination du Centre, aux offices partenaires
d’apporter une assistance conforme et efficace dans le cadre du traitement de
dossiers pratiques franco-chinois entrant dans le domaine d’intervention des
deux notariats. Ce mécanisme transforme la vérification des faits à l’étranger,
qui était auparavant « impossible » en
une voie de collaboration « réalisable ». Grâce au soutien apporté par les
offices partenaires concernant les actes notariés, la crédibilité de l’acte
notarial ne repose plus uniquement sur la déclaration de la personne intéressée.
La fiabilité et l’autorité des constatations factuelles sont considérablement
renforcées, tandis que le temps et les coûts supportés par les personnes
intéressées sont nettement réduits.
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